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16 décembre 2009

L’espéranto et les Français

L’espéranto et les français

Pour ce Verda Krabo un peu spécial, nous reprenons ici des passages d’un article de Mohammad-Javâd Kamâli (Vice-doyen de la Faculté des Langues étrangères à Mashhad en Iran). Cet article paru dans une revue francophone retrace l’histoire de l’espéranto en France en s’appuyant sur les citations de quelques personnalités.

L’espéranto et les Français

En 1898, onze ans après la création de l’espéranto, la première association nationale espérantiste (UFE [2]) fut fondée en France. Dès le XXe siècle, des Français se regroupèrent, tant dans un but de diffuser cette langue que pour pratiquer l’espéranto entre eux, dans le cadre d’associations locales.

Dans un livre resté inédit jusqu’en 1993, Jules Verne traite en 50 pages de l’espéranto dans le récit Voyages d’études : « La clé d’une langue commune, perdue dans la Tour de Babel, peut être seulement construite par l’usage de l’espéranto ». En 1905, Zamenhof publia à Paris le Fundamento de Esperanto qui fixa les bases de la « Langue Internationale » grâce aux seize règles intouchables.

La même année, le premier Congrès universel de l’espéranto eut lieu à Boulogne-sur-Mer, où l’on vota une « Déclaration sur l’essence de l’espérantisme ». L’année 1910 fut quant à elle marquée par la publication du Dictionnaire Complet Espéranto-Français et de l’Enciklopedia Vortareto Esperanta.

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G. Eiffeil

À partir de cette année, des personnalités françaises se mirent à soutenir cette nouvelle langue. Gustave Eiffel déclara ainsi : « L’espéranto... sans avoir eu le courage de m’y mettre une bonne fois, ce que mon grand âge rend excusable, je ne manque jamais de le recommander aux jeunes, comme l’une des connaissances les plus faciles et les plus utiles que l’on puisse acquérir ». Paul Doumer, Président de la République en 1931, affirma : « On n’a pas le droit de ne pas savoir ce qu’est la langue artificielle du Docteur Zamenhof. Je ne me convertirai peut-être jamais à la foi espérantiste, mais, du moins, je la connaîtrai et je donnerai quelques heures à l’étude de la langue elle-même. »

« Chef d’œuvre de logique et de simplicité »

En 1924, Maurice Broglie, avec 42 membres de l’Académie des Sciences, émet le vœu que l’Espéranto « chef d’œuvre de logique et de simplicité » soit introduit dans le programme des classes de sciences et reconnu comme langue officielle dans les congrès internationaux. « L’adoption d’une langue auxiliaire, disait-il, assurerait un puissant progrès à l’humanité... Pour ceux qui entretiennent des relations avec des personnes de langue étrangère, une telle langue doit être la seconde langue à maîtriser ; elle leur épargnerait l’étude des autres langues étrangères le jour où la connaissance de la langue auxiliaire serait généralisée. » [...]

La majorité des personnalités françaises de l’époque avaient également une opinion très favorable de l’espéranto. Louis Lumière, inventeur du cinématographe et précurseur du « septième art », a ainsi déclaré : « L’emploi de l’espéranto pourrait avoir les plus heureuses conséquences en ce qui touche les relations internationales et l’établissement de la paix. »

En outre, selon Romain Rolland, écrivain de l’entre-deux-guerres, « Pour que les peuples s’entendent, il faut d’abord qu’ils entendent. Que l’espéranto rende l’ouïe à ces sourds dont chacun, depuis des siècles, est muré dans son langage. »

« ...en quelque espéranto ou volapük [3] intégré. »

C. De Gaule {JPEG}

Plus tard, Charles de Gaulle avait émis une opinion bien plus réservée quand, lors d’une conférence de presse en mai 1962, en évoquant Goethe, Dante et Chateaubriand, il avait déclaré : « Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été apatrides et s’ils avaient pensé, écrit en quelque espéranto ou volapük intégré ». […]

François Mitterrand, répondant à une lettre d’un espérantiste écrit ceci : « … Je me permets de vous préciser que mes amis parlementaires ont déposé lors de la précédente session de l’Assemblée Nationale une proposition de loi tendant à inclure la langue internationale Espéranto dans l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur comme langue à option. Si les Français m’accordent leur confiance, je demanderai au Gouvernement de soumettre au Parlement cette proposition de loi. » [4] Malgré cette attitude encourageante, la mise en place d’un enseignement de cette langue au niveau national demeure un rêve pour les Français et les espérantistes qui vivent toujours dans l’espoir !

Ouvrages de référence

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Jules Verne espérantiste !
  • Jules Verne espérantiste !, ed. SAT-Amikaro, ouvrage bilingue écrit par Lionel Dupuy et traduit par Jacques Le Puil et Armelle Le Quint info ici
  • Franca Antologio (Anthologie de la littérature française en espéranto), UFE, Paris, 1991.
  • L’espéranto, Pierre Janton, 4e éd., PUF (Collection Que sais-je ?), Paris, 1994.

[1] UFE Union Française pour L’espéranto aujourd’hui Esperanto-France

[2] UFE : Union Française pour L’espéranto aujourd’hui Esperanto-France

[3] Langue artificielle, créée en 1880 par un prêtre allemand, Johann Martin Schleyer.

[4] Lettre du 13 avril 1981 au Secrétaire Général de SAT-AMIKARO, Henri Masson.

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