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Accueil du site > L’espéranto > Foire aux questions > Et les concurrents de l’espéranto ?

8 février 2007

Et les concurrents de l’espéranto ?

Question : L’espéranto n’est pas la seule langue construite : volapük, interlingua, lojban... Qu’en est-il exactement ?

Réponse : Il est exact que d’autres langues construites existent. Il y en a même des centaines, mais il ne fait pas de doute pour nous que l’espéranto est la seule langue construite passée de l’état de projet à celui de réalité. La productivité et l’étendue de la communauté espérantophone ont définitivement ancré la langue dans le monde réel.

Par ailleurs, de nombreux projets de langue construite n’ont pas les mêmes objectifs que l’espéranto. Nous ne parlerons ici que de trois projets, historiquement et linguistiquement intéressants qui, comme l’espéranto, proposent une langue auxiliaire internationale. Nous laissons donc de côté les langues comme lojban, loglan, klingon etc. qui ont des objectifs respectables mais tout différents.

Le volapük est le premier projet qui ait vraiment connu un succès certain. La langue est très régulière, avec un petit aspect sauvage qui peut séduire (c’est une sorte de klingon du 19e siècle...).

On attribue généralement le déclin du volapük à des défauts structurels importants et à l’intransigeance de son créateur, un prêtre nommé Schleyer, vis-à-vis des réformes indispensables. Il est vraisemblable que les luttes de pouvoir au sein du mouvement volapükiste et l’émergence de l’espéranto ont précipité cette chute. Mais il faut aussi souligner que beaucoup de volapükistes passait certainement plus de temps à parler du volapük qu’à l’utiliser réellement — ce qui aurait demandé de leur part un investissement bien plus important. Des tentatives de réformes ont eu lieu et la dernière version qui semble avoir vu le jour constitue le « volapük moderne » de Arie de Jong.

Exemple de texte :

En volapük moderne :

Ün poszedel latafluküpik man gudiko peklotöl ädoniovegom nevifiko ve süt.

En volapük de Schleyer :

In poszendel sembal flukatima latik, man bäledik, pebenoklotöl ädisigolom nevifiko süti.

En français :

Un après-midi, à la fin de l’automne, un homme bien vêtu remontait lentement la rue.

cité d’après : Johann Schmidt, « Jenotem valemapüka `Volapük’ », traduit en espéranto sous le titre « Historio de la universala lingvo Volapuko ».

L’ido est une langue dérivée de l’espéranto après un grand « schisme » survenu en 1907 à la suite d’une rocambolesque histoire (voir le chapitre XII de « L’homme qui a défié Babel » cité dans notre bibliographie). La trahison qui a scellé l’acte de naissance de l’ido a également signé sa perte, du moins aux yeux des espérantistes. Ceci mis à part, l’ido est une langue très proche de l’espéranto, l’intercompréhension entre ces deux langues étant tout à fait possible, et les traducteurs espérantophones l’apprécient beaucoup car il leur permet de rendre en espéranto la même impression que font les variantes dialectales de l’original.

L’interlingua, enfin, est un projet lui aussi très intéressant : il s’agit de créer une langue latine qui serait une sorte de « moyenne » entre l’espagnol, l’italien, le français et l’anglais (l’anglais n’est pas une langue latine mais sa longue cohabitation avec le latin et le français ont latinisé la majeure partie de son vocabulaire). Les auteurs de cette langue ont privilégié la naturalité sur la régularité, ce qui rend la langue facile à comprendre par toute personne connaissant une ou deux langues latines mais rend l’apprentissage de la langue beaucoup plus difficile.

À titre d’exemple, on peut noter le fait que l’écriture n’est pas phonétique et que des variantes de prononciation (selon le goût du locuteur) sont admises pour certaines lettres.

Le résultat général est tout à fait présentable mais, rassurez-vous, l’espéranto a plusieurs longueurs d’avance et, d’ailleurs, ne concourt pas tout à fait dans la même catégorie car l’interlingua limite ses prétentions à devenir une langue d’échanges surtout écrits entre scientifiques.

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