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Accueil du site > L’espéranto > Foire aux questions > La langue internationale c’est l’anglais, non ?

8 février 2007

La langue internationale c’est l’anglais, non ?

Question : L’anglais est omniprésent dans les médias. Pas une manifestation en Albanie ou en Serbie sans des banderoles écrites en anglais. Les actualités nous servent les noms géographiques et les noms d’entreprises étrangères sous leur forme anglaise (Kuwait-City, Turkish Airlines, Osaka University, etc.) et, à n’en pas douter, la majeure partie des échanges commerciaux et scientifiques internationaux utilisent l’anglais comme langue de travail. À quoi donc pourrait servir l’espéranto ?

Réponse : L’anglais est effectivement la langue qui, faute de mieux, joue le rôle de langue internationale. Mais il y a à cela de nombreux inconvénients.

Tout d’abord, l’anglais est une langue difficile à maîtriser correctement, même si on n’en a pas toujours conscience. Ainsi le touriste français qui se promène en Asie et qui arrive à se faire comprendre du marchand de souvenirs ou du barman de son hôtel peut-il croire que l’anglais résout parfaitement ses problèmes de communication. Il risque toutefois de déchanter s’il se trouve dans une situation plus délicate, au commissariat de police, à l’hopital, ou reçu dans une famille locale, par exemple. Il aura alors vite fait de voir les limites de ses connaissances et celles de ses interlocuteurs.

De façon similaire, un scientifique avec un bon niveau d’anglais et habitué à la lecture quotidienne de travaux écrits dans cette langue trouvera-t-il parfois difficile, voire impossible, de comprendre l’exposé oral de tel ou tel collègue anglophone.

Il y a évidemment un problème de phonétique. L’anglais est une langue très riche en voyelles et en diphtongues, or la réalisation exacte de ces éléments essentiels pour la compréhension d’un mot varie d’un pays anglophone à l’autre, d’une ville à l’autre, d’un groupe ethnique à l’autre, d’un individu à l’autre, sans parler des variantes engendrées par les locuteurs non-anglophones. Il est possible de surmonter ce handicap si l’on devine approximativement ce que son interlocuteur va dire, mais tout mot inattendu, toute expression ambiguë risque de vous faire perdre le fil et partir sur une mauvaise interprétation. Ajoutez à cela que les Américains (et d’autres !) adorent truffer leur langage de blagues, clins d’oeil et clichés divers dictés par l’actualité ou la mode du jour — toutes choses que vous ignorez complètement — et vous verrez à quel point utiliser l’anglais dans une rencontre scientifique ou une négociation commerciale relève parfois du supplice.

Si, entre non-anglophones, l’emploi de l’anglais comme langue commune peut être un pis-aller, l’emploi de cette même langue entre anglophones et non-anglophones devient beaucoup plus difficile. Il en serait de même de toute autre langue nationale, évidemment : pensons aux difficultés d’un algérien ou d’un sénégalais parlant le français. Peut-on parler d’égalité quand vous forcez quelqu’un à parler votre langue ?

En conclusion, l’anglais est peut-être une langue internationale de facto, mais il y a des nuances. Tout d’abord le français conserve quelques niches d’influence, notamment en Afrique et dans les pays latins, mais aussi ailleurs (on ne sait pas suffisamment que le français est la langue internationale de l’Union Postale). Ensuite, il ne faut pas s’imaginer que l’anglais est largement connu partout dans le monde. C’est une langue qui reste difficile, même pour les francophones (le français est pourtant la langue à laquelle l’anglais a emprunté presque les trois quarts de son vocabulaire). Ensuite, c’est une langue qui appartient à certaines nations (Angleterre, Amérique du Nord, Australie,...) et tout utilisateur non-anglophone de naissance est fortement désavantagé. Enfin, si on poussait l’apprentissage de l’anglais suffisamment pour permettre à la population mondiale un véritable bilinguisme, les États-Unis ne rencontreraient plus aucune barrière culturelle et pourraient profiter de leur vitalité économique pour imposer leur vision politique et culturelle de la société humaine sur toute la planète.

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