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Accueil du site > L’association > Lettre d’informations > Esperanto Aktiv n° 1 - février 2010 > Informatique : Les projets libres aussi en Espéranto !

10 février 2010

Informatique : Les projets libres aussi en Espéranto !

Informatique : Les projets libres aussi en Espéranto !

Vous connaissez le monde du libre ?

En informatique, on appelle « libres » les projets dont le développement ne dépend pas d’une entreprise mais d’une communauté de passionnés qui collaborent pour créer un service gratuit. L’un des meilleurs exemples est Wikipédia, qui fait de chaque lecteur un éventuel correcteur, car en quelques clics on peut rajouter une virgule manquante ou créer un article de toutes pièces dans cette encyclopédie en ligne.

Les systèmes libres à développement communautaire connaissent un succès reconnu, puisque certains d’entre eux sont devenus des références de l’univers informatique que nous côtoyons tous les jours sur nos écrans : Firefox, OpenOffice.org, Wikipedia, et on entend de plus en plus parler d’Ubuntu, le linux ultra-facile à installer et à utiliser.

Saviez-vous que... ?

... on peut les appeler « fajrovulpo », « vikipedio », et que pour beaucoup Ubuntu rime avec « Linukso » ?

Et oui ! Les espérantistes ont encore frappé ! Une quantité impressionnante de ces projets libres existent à la sauce espéranto. Dans certaines rencontres internationales on voit des écrans sans un seul mot qui ne soit de la langue de Zamenhof : encyclopédie, navigateur, système d’exploitation, traitement de texte, tout y passe !

Mais d’où vient cette manie des espérantistes de tout convertir dans la langue internationale ?

Hmm... Première constatation : la moitié des espérantistes sont « linguistes », et l’autre moitié informaticiens, voire les deux à la fois ! Nous voilà donc dans un contexte approprié.

Deuxième constatation : la langue espéranto elle-même est déjà un projet libre en soi ! On a remarqué sa supériorité sur le volapük, qui était l’équivalent d’un logiciel propriétaire. Son créateur, Martin Schleyer, voulait conserver tous les droits de modifications sur sa langue, par ailleurs compliquée et difficile à prendre en main. Au contraire, Zamenhof s’est tout de suite positionné comme un simple collaborateur au projet qu’il avait initié : « Si vous voulez, on vote pour décider si on supprime l’accusatif ! » (il a par ailleurs voté blanc). Toutes ces démarches ont rendu l’espéranto si souple et facile à apprendre.

Difficile de ne pas comparer le volapük avec Windows, système d’exploitation conçu par une entreprise dans des soucis de rentabilité. Le produit est séduisant, on n’y touche pas, on l’achète. Linux, lui, a été créé par des informaticiens pour répondre à leurs besoins, et au fur et à mesure, c’est devenu quelque chose qui tourne parfaitement, même pour le commun des mortels. Difficile aussi de ne pas comparer Mark Shuttleworth, fondateur visionnaire d’Ubuntu, à Zamenhof : son but avoué n’est ni plus ni moins que de changer le monde des ordinateurs afin de le rendre plus juste et équitable, ce pour quoi il a investi une part de sa fortune.

Donc, un esprit commun, des personnalités communes. Rien d’étonnant, donc, à ce que nombre de geeks apprennent l’espéranto.

Allez donc faire un tour sur Wikipédia et vous serez surpris de constater qu’elle contient plus de cent milles articles en espéranto, dont beaucoup offrent un point de vue souvent bien différent de la version francophone : l’espéranto n’appartient à aucun pays, ce qui autorise une certaine licence. Il existe peu de wikipédias offrant un tel panel de nationalités parmi ses contributeurs.

Connaissez-vous OpenOffice.org ?

Pour beaucoup, le monde du traitement de texte se résume à Word de Microsoft Office. Et bien, on vous propose la même chose en gratuit et en espéranto si ça vous chante ! Gratuit ? L’entreprise Sun Microsystems a ouvert au monde le code source d’une suite bureautique qui lui appartenait. Pour faire un pied de nez à Microsoft ? Toujours est-il que le projet qui s’est monté à l’occasion, OpenOffice.org, mène la vie dure à la firme de Bill Gates, car de plus en plus de gens s’en servent, avec de nombreux avantages (gratuit, stable, transparent...), d’ailleurs toute la gendarmerie française s’y est mise !

Quels rapports avec l’espéranto ?

Tout simplement, dans un projet communautaire qui existe pour des dizaines de communautés linguistiques différentes, les espérantophones ont toute leur place. C’est ainsi que les espérantistes Tim Morley et joey Stanford ont lancé il y a quelques années le projet OOo:eo, à savoir OpenOffice.org:esperanto. Et maintenant, boum, vous téléchargez le module de langue et votre traitement de texte ne vous dis plus « Fichier, Édition, Affichage » mais bien « Dosiero, Redakti, Vido ».

Et jusqu’au plus petit message d’erreur qui vous parle avec le ton gentil d’un organizanto lors d’un congrès.

Et ce n’est pas tout. Quand j’ai installé Ubuntu pour la première fois, j’avais le choix entre plusieurs langues dès l’installation. Ne cherchez pas : j’ai choisi l’espéranto. Ainsi, « partition de disque », ça se dit « diskpartigo », ça c’est sûr. Par moment on se demande qui va trouver la motivation pour traduire tout ça, n’empêche que c’est beau. On se sent en quelque sorte exister quand l’écran nous parle la langue que nous avons apprise par lubie ou par idéal.

Donc, la prochaine fois que l’on vous dira que l’espéranto ça n’a jamais marché, montrez bien aux gens la page d’accueil de Vikipedio (eo.wikipedia.org) et promenez-vous vous-mêmes dans des articles aussi divers et variés que « langue tchèque », « web sémantique » ou « croisades », vous serez vous-même surpris !

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